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Les biens publics et la Thèse de la cuvette protocolaire (The Protocol Sink Thesis)

Ethereum est une plate-forme destinée aux biens publics mondiaux dans le domaine de la monnaie et de la finance.

La thèse de la cuvette protocolaire illustre comment les applications passent du statut d’expériences financières à des plateformes financières mondiales que l’on ne peut pas interrompre, et qui sont utilisées par chacun. Plus les gens utilisent une application, plus elle descend au fond de la cuvette protocolaire, et plus il y a de choses qui s’accumulent au bas de la cuvette, plus l’attraction d’Ethereum s’intensifie.

La  Cuvette protocolaire

La thèse de la cuvette protocolaire propose une modélisation de la façon dont les systèmes crypto agiront à maturité.

La thèse affirme que plus un protocole est trust-less, permission-less et neutre, plus il peut évoluer vers une plate-forme mondiale et, par conséquent, absorber une plus grande quantité de capitaux. Les protocoles qui offrent une plate-forme sur laquelle s’appuyer deviennent “denses” et tombent au fond de la cuvette protocolaire sous le poids de l’ensemble des personnes et des entreprises qui s’appuient sur eux.

Les protocoles Web3 de la DeFi comme Uniswap, Compound et Maker survivront à long terme en supprimant les vecteurs d’attaque et en gagnant en anti-fragilité, ce qui leur permettra de dépasser les limites que les applications Web2 ont atteintes.

Deux caractéristiques clés prédisent si un protocole mérite sa place au fond de la cuvette protocolaire : l’utilité et la surface .

L’utilité

L’utilité d’un protocole est la valeur que le protocole apporte à ses utilisateurs et qui, donc, génère l’incitation à adopter et à tirer parti du protocole en question. L’utilité d’un protocole est l’incitation qu’il génère pour déposer de l’argent ou des actifs dans ses contrats. On peut mesurer l’utilité par la valeur totale des actifs déposés dans une application (pensez : “valeur verrouillée dans la DeFi ). Pour les protocoles avec un token, l’utilité peut être mesurée par la capitalisation boursière des tokens ou par la valeur totale déposée dans ses contrats.

La superficie

La superficie d’attaque d’un protocole est la faiblesse ou la résistance qu’un protocole doit capturer, contraindre, et exploiter. Si un protocole a une grande superficie d’attaque, il peut être capturé, contraint ou exploité au profit de certains individus par rapport à d’autres, ce qui invalide la neutralité du protocole. L’élimination de la superficie d’attaque réduit les façons dont un protocole favorise un groupe d’individus par rapport aux autres. Si un protocole a des surfaces d’attaque minimales, le protocole est trust-less, permission-less et neutre. Ces qualités lui permettent de s’adapter à un maximum de personnes. Cela augmente le potentiel du protocole à recevoir plus de dépôts de la part d’un plus grand nombre d’utilisateurs et a donc un impact sur son poids.

La densité protocolaire

Pour découvrir la densité estimée d’un protocole ou d’une application sur Ethereum, il suffit de prendre l’utilité d’un protocole (à quel point il est utile) et de le diviser par sa surface d’attaque (sa facilité de capture). Les choses qui sont très utiles et qui ne peuvent pas être capturées se retrouveront au bas de la cuvette protocolaire. Les protocoles denses figurent tout en bas de cette cuvette.

Les limites de densité dans le Web2

Nous avons vu les premières indications de la présence de la cuvette protocolaire dans des grandes plates-formes Web2 comme YouTube, Twitter, Facebook, dans lesquelles presque toutes les entreprises et compagnies ont des profils sur ces plates-formes.

Encore plus loin, des plates-formes comme l’iOS App Store et l’Android Play Store se trouvent dans les couches plus profondes de la cuvette protocolaire, en raison de la masse d’entreprises qui y construisent leurs produits. Les géants du Web2, comme Google, Amazon, Apple, Facebook ou Twitter, se trouvent tous dans la cuvette protocolaire.

Ces entreprises ont obtenu une appréciation massive parce qu’elles ont construit des plateformes sur lesquelles d’autres peuvent s’appuyer. Les entreprises, les particuliers, les organisations à but non lucratif et les organisations sociales ayant tous un accès gratuit pour pouvoir s’inscrire et utiliser leur service, les plateformes Web2 sont devenues une infrastructure mondiale utilisée par tous. Ces entreprises ont réussi à grande échelle en créant une plate-forme mondiale à travers un produit avec beaucoup d’utilité, tout en ayant une optique de laissez-faire sur ce que les utilisateurs peuvent ou ne peuvent pas faire sur leur plate-forme.

Le mouvement Web2 illustre la présence des mêmes résultats que prédit la Thèse de la cuvette protocolaire. Les plates-formes mondiales, non rivales et non exclusives comme Instagram, Facebook, Twitter, YouTube, Medium ont connu une adoption et une croissance incroyables en raison de la densité de données qu’elles accumulent grâce au contenu gratuit généré par les utilisateurs et de leur capacité à s’adapter au plus large public possible. Cependant, être un produit d’une entreprise à but lucratif qui répond aux régulateurs des États-nations impose une limite à l’échelle de ces plates-formes. L’attrait pour la Compagnie à extraire autant que possible de données de l’Utilisateur, de manière à générer des revenus en tant qu’annonceur est intrinsèquement déséquilibré entre les trois partis ; c’est une limite de leur capacité à s’étendre.

Le mouvement Web2 repose sur les protocoles très denses de la couche Web1 : TCP/IP, HTTP, FTP sont parmi les protocoles les plus développés et utilisés au monde ; ils représentent la couche la plus basse de la cuvette Protocolaire. Nous n’en entendons pas beaucoup parler du fait de leur invisibilité pour les humains et, contrairement aux protocoles Web3, ce ne sont pas des choses dans lesquelles nous pouvons investir ou dont nous pouvons profiter. Ils sont parfaitement neutres.

Les protocoles Web3, les applications trouvées sur Ethereum, devraient s’efforcer d’atteindre le même niveau de neutralité que les protocoles du Web1.

Twitter, Facebook, Youtube sont tous des services mondiaux gratuits et ils ont fourni beaucoup de valeur au monde, mais ils sont finalement la propriété privée d’une seule entreprise. Ces produits bénéficient avant tout à un certain groupe de personnes et permettent l’influence et la coercition des personnes qui les utilisent. Au fur et à mesure que ces plateformes ont atteint leur maturité, des conversations ont émergé sur leur statut de monopole et leur nature biaisée. Il s’avère que la subjectivité humaine impliquée dans la surveillance des contenus limite leur neutralité et les empêche d’être un protocole impartial. De plus, être une entreprise centralisée les oblige à être soumises aux règles et réglementations d’un gouvernement d’État-nation.

L’inscription et l’entrée gratuite dans ces plates-formes, ainsi que la valeur qu’elles fournissent, ont rendu ces plates-formes incroyablement utiles, mais l’existence d’une entreprise centralisée à but lucratif a placé des limites sur la mesure dans laquelle ces plates-formes peuvent évoluer ou sur les libertés dont elles disposent .

Quelle que soit l’utilité fournie par ces entreprises, elles n’en fourniront jamais assez pour s’enfoncer au fond de la cuvette protocolaire. Pour tomber dans le Protocol Sink, vous ne pouvez pas être une entreprise à but lucratif qui répond à la réglementation gouvernementale et aux désirs humains subjectifs. Le parti pris, le besoin de confiance et le besoin d’obtenir permission présents dans ces plates-formes sont le talon d’Achille qui peint une cible sur le dos des opérateurs. Afin de descendre plus profondément dans la cuvette protocolaire, vous devez être un protocole global autorégulé qui ne nécessite pas un opérateur central pour maintenir le système. Le protocole doit être auto-souverain.

Prédiction de la Thèse de la cuvette protocolaire

La prédiction principale de la Thèse de la cuvette protocolaire est que les entreprises centralisées et les compagnies s’appuieront librement sur des protocoles trust-less, permission-less et impartiaux, afin d’offrir des services de qualité supérieure à leurs utilisateurs.

En conséquence, les protocoles crypto-économiques sont destinés à tomber en dessous des entreprises centralisées dans la cuvette protocolaire. La Théorie des jeux suggère que les entreprises centralisées telles que les banques crypto (par exemple Coinbase et Gemini) tireront parti de la puissance des protocoles décentralisés en dessous d’eux, afin d’augmenter leur valeur pour leurs clients.

N’importe quelle banque crypto peut améliorer ses produits et services en permettant aux utilisateurs d’accéder au DSR (Dai Savings Rate). Les clients qui ont du DAI dans leur compte peuvent en un clic gagner les intérêts offerts par le DSR. Alors que les banques crypto sont en concurrence entre elles, aucune d’entre elles n’est en concurrence avec le DSR, et aucune d’entre elles n’a rien à perdre à en tirer parti. Alors que Coinbase et Gemini sont rivales, l’utilisation du DSR ne l’est pas. Cela permet au DSR de s’adapter à toute institution financière ou individu qui choisit de l’utiliser. Vous pouvez répéter ce même modèle pour n’importe quel protocole ou application sur Ethereum : Maker, Compound, PoolTogether, Augur…

Les biens publics mondiaux sont les éléments qui se trouvent au fobd de la cuvette protocolaire.

Les protocoles utiles qui ont supprimé le besoin de confiance, les préjugés et la demande de permission se retrouveront mis à profit par des compagnies, des entreprises, des banques et des particuliers du monde entier. Les biens publics mondiaux ne répondent pas (ni même ne reconnaissent) les réglementations des États-nations. L’air, l’eau, le savoir et les protocoles Internet sont les mêmes partout dans le monde et ne changent pas en fonction des juridictions. Ils sont quelque chose que tout le monde peut utiliser, peu importe où l’on vit.

Ethereum met en place une plate-forme qui donne accès à des biens publics financiers et monétaires à l’échelle du globe.

Cuvette, attracteurs, bassins

Une cuvette est un lieu de convergence. Une cuvette est un environnement qui définit les frontières et les limites d’un système fermé, qui influence la trajectoire et les résultats de tout l’ensemble chaotique et nébuleux d’unités individuelles à l’intérieur.

Une cuvette force la convergence de choses indépendantes et chaotiques en un modèle ordonné singulier de résultats prévisibles fiables.

En mathématiques, un attracteur (la cuvette) est une condition ou un ensemble de conditions vers lesquelles un système a tendance à évoluer, pour une grande variété de conditions de départ du système. Ce système évalue ce qui se rapproche suffisamment des valeurs de l’attracteur, qui restent alors proches, même si le système est à nouveau perturbé. Au fil du temps, les choses convergent vers une état stable (l’attracteur lui-même), quelles que soient les conditions de départ. L’endroit vers lequel les choses convergent (l’attracteur lui-même) n’est pas réellement une «chose», mais plutôt l’emplacement émergent vers lequel de nombreuses choses indépendantes ont montré une envie de converger. Rien de central ne les y attire réellement, mais ce sont plutôt les forces collectives émergentes de l’univers qui les poussent dans un ordre commun.

Une autre métaphore serait “le bassin versant”. Ci-dessous, une carte des bassins fluviaux des États-Unis. Plus particulièrement, le bassin du Mississippi en rose est l’un des plus grands bassins versants du monde. Toute goutte d’eau qui tombe n’importe où à l’intérieur de la région rose est assurée de se retrouver finalement au point de convergence : là où le fleuve Mississippi rencontre l’océan Atlantique.

Le cercle rouge est le bas du bassin versant du Mississippi

Le bassin versant du fleuve Mississippi est la cuvette. La gravité est la force qui génère l’énergie qui crée la convergence vers le bas.

Ethereum est un bassin versant. Les applications Ethereum sont les ruisseaux, les rivières et les fleuves qui y résident. Les actifs monétaires et le capital sont l’eau qui coule en aval. Il y a un attracteur au bas du collecteur de protocole qui tire les applications et les ressources vers le bas.

Cet Attracteur est la demande universelle collective de biens publics mondiaux.

Source : Paul Salisbury, Techemy Capital

Ce graphique a récemment circulé sur Twitter et représente parfaitement le Protocol Sink. Les choses sur Ethereum convergent. Ils fusionnent et descendent collectivement dans la cuvette protocolaire. Il illustre également comment Ethereum n’est pas un ensemble d’applications disparates, mais plutôt un seul réseau cohérent d’applications interconnectées.

La demande de plates-formes mondiales avec une valeur générée par les utilisateurs est omniprésente et génère une incitation perpétuelle à créer des applications sur Ethereum. Ethereum est la Cuvette des “coordinateurs minimalement extractifs” : un bassin-versant Internet qui converge vers des applications permission-less, trust-less et impartiales dans le domaine monétaire et financier.

L’innovation fondamentale fournie par Ethereum est un système qui offre une sécurité et une protection gratuites aux applications qui aspirent à devenir des biens publics mondiaux.

Les Biens Publics Mondiaux sont ce qui se trouve au bas de la cuvette protocolaire. La révolution crypto-économique repose sur l’hypothèse fondamentale que, dans sa forme finale, cette révolution aura engendré un éventail de Biens Publics Mondiaux (BPM) monétaires et financiers.

Les BPM sont par définition l’infrastructure la plus évolutive, la plus utile, la plus fiable et la plus persistante dont nous disposons, et les qualités qui font un bon BPM sont les mêmes que celles qui poussent un protocole au fond de la cuvette protocolaire.

Deux caractéristiques déterminent l’emplacement d’un protocole dans la cuvette protocolaire : la surface d’attaque et l’utilité .

La Surface d’attaque

La surface d’attaque est une mesure qui illustre la faiblesse des protocoles, c’est-à-dire la facilité à être capturés / contrôlés. Plus simplement, avoir une surface d’attaque basse signifie pour un protocole qu’il n’y a pas de point central de fragilité. La confiance, la permission et le biais sont les caractéristiques qui peuvent déterminer où se trouve le «centre» d’un protocole et à quel point il est facile ou difficile de capturer un protocole.

La qualité à être trustless

Lors de l’utilisation du protocole, dans quelle mesure les utilisateurs ont-ils besoin de faire confiance aux autres pour parvenir à leurs fins ? Les motivations égoïstes des autres ont-elles un impact sur les autres utilisateurs ? Quelqu’un profite-t-il d’un utilisateur contre sa volonté ou sa connaissance ? Si la qualité à être trustless est complète, le protocole tombera plus bas dans la cuvette protocolaire.

La qualité à ne nécessiter d’aucune permission/autorisation

Est-ce que tout le monde peut utiliser le protocole ? Y a-t-il quelqu’un qui peut restreindre ou censurer l’utilisation du protocole ? Existe-t-il des clés d’administration qui donnent certains privilèges à un ensemble particulier d’utilisateurs ? Si tout le monde a un accès égal pour utiliser le protocole et que personne ne peut censurer les autres, le protocole tombera plus bas dans la cuvette protocolaire.

La neutralité

Le protocole profite-t-il à un utilisateur ou à une entité en particulier au détriment de tout autre ? Une personne ou une entité bénéficie-t-elle de manière disproportionnée du succès du protocole plutôt que de ce qui semble juste ? Si le protocole est suffisamment juste ou équitable, il tombera plus bas dans la cuvette protocolaire.

L’utilité

L’utilité est simplement la mesure de la valeur qu’un protocole fournit au monde. Plus un protocole est utile, plus il y aura de personnes / d’entreprises / d’entités qui s’appuieront dessus.

Lorsqu’un protocole a une grande utilité, plus de valeur et de capital seront déposés dans l’application. Cela génère de la masse, qui ajoute à la densité. Si le protocole a une utilité, il tombera plus bas dans la cuvette protocolaire.

Le spectre de la cuvette protocolaire

Chaque caractéristique ci-dessus a son propre spectre. Une application peut être n’importe où sur une échelle de 0 à 100 pour la surface d’attaque et pour l’utilité. De plus, le «score total» des caractéristiques illustre la densité du protocole par rapport aux autres. Ce système de notation est en grande partie juste à des fins d’illustration – simplement pour illustrer la métaphore. J’appellerai cela le «score de Bien Public Mondial» plus loin dans cet article.

Les actifs et les applications

La cuvette protocolaire ne s’applique pas uniquement aux applications sur Ethereum, mais également aux actifs. Sur Ethereum, les actifs sont des applications. Toutes les applications ne sont pas des tokens, mais tous les tokens sont des applications. Les applications sur Ethereum sont définies par un contrat et sa propre adresse.

S’il s’agit d’un contrat sur Ethereum, c’est une application.

Dans le cylindre en verre ci-dessus, nous avons à la fois des liquides et des solides de différentes densités. Comme les liquides, les solides trouvent leur place appropriée dans la cuvette protocolaire, une place qui correspond à leur densité. Le score de Bien Public Mondial s’applique autant aux actifs qu’aux applications.

Les Biens publics

Définition de Wikipédia d’un bien public :

En économie, un bien public est un bien qui est à la fois non excluable et non rival, en ce que les individus ne peuvent pas être exclus de l’utilisation ou pourraient en bénéficier sans le payer, et où l’utilisation par un individu ne réduit pas la disponibilité pour d’autres ou le bien peut être utilisé simultanément par plusieurs personnes. Cela contraste avec un bien commun tel que les stocks de poissons sauvages dans l’océan, qui n’est pas excluable mais est rival dans une certaine mesure, car si trop de poissons sont pêchés, les stocks seront épuisés.

Non-Excluabilité

Un bien est excluable s’il est possible d’empêcher des personnes qui ne l’ont pas payé d’y avoir accès. Un bien ou un service est non-excluable si les consommateurs qui ne payent pas ne peuvent pas être empêchés d’y accéder.

Non-Rivalité

Un bien est rival si sa consommation par un consommateur en empêche la consommation par un autre, ou si la consommation d’un parti réduit la capacité d’un autre parti à le consommer. Un bien est considéré comme non rival si, quel que soit le niveau de production, le coût marginal de sa fourniture à un individu est nul.

Les biens publics ne s’épuisent pas à mesure qu’ils sont utilisés. L’air, l’eau, la lumière du soleil sont tous des biens publics. L’écoute d’une émission de radio n’empêche pas les autres de l’écouter également. Les lampadaires éclairent les routes pour tout le monde, de la même manière.

Comme pour toutes choses, il y a un spectre impliqué. Les cours d’eau et les lacs sont des biens publics ; tout le monde peut les utiliser et ils sont très difficiles à épuiser. Cependant, ils peuvent être épuisés. Bien qu’ils soient «résistants à l’épuisement», l’expansion de l’espèce humaine a montré qu’elle a la capacité d’épuiser même les plus grands réservoirs de biens publics. Une rivière a un approvisionnement en eau presque infini, grâce aux cycles des saisons qui font migrer les précipitations plus haut en altitude, cependant, il existe une limite de débit vers laquelle l’eau migre «en amont».

Si le taux de consommation dépasse le taux d’offre, la rareté prend le dessus et un bien public se transforme en bien rival/commun. La lumière du soleil se déverse à l’infini sur la Terre, mais il y a un espace limité disponible pour la capturer. L’espace physique est infini et inépuisable, sauf que certains espaces ont plus de valeur que d’autres espaces, ce qui les rend rivaux.

Les Biens Publics Mondiaux

Les Biens Publics Mondiaux sont des biens publics, mais leurs avantages s’étendent à tous les pays, personnes et générations. Les Biens Public Mondiaux ont la capacité d’évoluer bien au-delà du bien public typique.

La capacité de certains biens publics à s’étendre à une échelle mondiale et générationnelle vient du fait que certains biens publics sont antifragiles par nature. Deux biens différents peuvent être des biens publics, mais si l’un d’entre eux est antifragile, il deviendra un bien public mondial.

Antifragile

L’antifragilité est une propriété des systèmes dont la capacité à prospérer augmente en raison de facteurs de stress, de chocs, de volatilité, de bruit, d’erreurs, de fautes, d’attaques ou de pannes. C’est un concept développé par Nassim Nicholas Taleb dans son livre, Antifragile. Comme l’explique Taleb dans son livre, l’antifragilité est fondamentalement différente des concepts de résilience (la capacité de se remettre d’un échec) et de robustesse (la capacité de résister à l’échec).

Les biens publics ont souvent des qualités de résilience et de robustesse (plus tôt, j’appelais cela la résistance à l’épuisement), mais les biens publics mondiaux sont antifragiles ; ils s’améliorent / se renforcent à mesure que de plus en plus de gens les utilisent. La principale caractéristique des biens publics mondiaux est qu’ils bénéficient des externalités des utilisateurs qui les consomment. Plus un Bien Public Mondial est consommé / utilisé / exploité, plus il devient fort.

Les idées et les connaissances sont des BPM ; lorsque vous partagez une idée, vous conservez également cette idée et vous permettez à d’autres de l’utiliser et de la partager. Une bonne idée peut s’étendre au monde entier, sans rien soustraire à l’auteur de l’idée ou à l’idée elle-même. Les idées transcendent les générations sans aucune décomposition. Plus important encore, une idée s’améliore lorsque plus de gens y réfléchissent. Les idées sont quelque chose à réitérer et à développer. Ces itérations sont toutes aussi évolutives et partageables que l’idée originale elle-même. Les bonnes idées se retrouvent partagées, répétées, développées et adoptées plus rapidement que les mauvaises idées, c’est ainsi qu’une petite étincelle peut se transformer en révolution en si peu de temps. Les idées sont meilleures si tout le monde a la même idée.

Internet est un BPM. L’utilisation d’Internet n’empêche pas les autres de l’utiliser également, et plus les gens utilisent Internet, plus il devient utile pour les autres. Plus il y a de choses sur Internet, plus Internet offre d’utilité pour plus de gens, ce qui amène plus d’utilisateurs à Internet en premier lieu, ce qui génère une incitation plus forte à construire d’autres choses sur Internet.

Les produits du Web2 sont antifragiles à leur base. Facebook, Instagram, Twitter deviennent tous de meilleurs produits lorsque le monde entier les utilise. Cependant, les entreprises qui possèdent ces produits sont tout aussi fragiles que le reste du monde, et c’est là que réside le problème de l’échelle de ces produits.

Le Problème du Passager Clandestin

Le problème du passager clandestin est la charge pesant sur une ressource partagée créée par son utilisation ou sa surutilisation par des personnes qui ne paient pas leur juste part. Les lampadaires sont des biens publics qui nécessitent des ressources pour construire et consommer de l’énergie pour leur fonctionnement ; cela impose des impôts à ses utilisateurs et quiconque ne paie pas d’impôts met un fardeau sur la capacité de ce bien public à évoluer et à devenir plus utile. C’est pourquoi les lampadaires ne sont pas un Bien Public Mondial ; leur utilisation ne les rend pas plus évolutifs.

Les BPM sont, par définition, des Biens Publics immunisés contre le problème du passager clandestin. En fait, c’est le contraire. Les BPM ont des mécanismes qui intègrent un niveau minimum de contribution à leur utilisation. Vous, par définition, ne pouvez pas utiliser un BPM sans renvoyer une certaine quantité de valeur, et la quantité de valeur fournie est supérieure au seuil minimum nécessaire pour maintenir le BPM en vie et en bonne santé. Utiliser simplement le BPM lui fournit la nourriture dont il a besoin pour se maintenir.

Plutôt qu’une tragédie des biens communs, les BPM font plutôt l’expérience du “Festival des communs”, où les Communs sont un lieu pour se réunir et se réjouir de notre utilisation commune d’un usage partagé qui s’améliore à mesure que le festival se développe.

Bitcoin est un BPM

Bitcoin vit en raison de la force de son antifragilité. La valeur de BTC, l’actif, vient de l’antifragilité de Bitcoin. L’antifragilité de Bitcoin génère les assurances les plus fortes possibles pour le règlement futur des bitcoins à tout moment, ce qui à son tour génère son utilité et son incitation à l’utilisation en premier lieu.

Bitcoin réussit et est lui-même valorisé en raison de son antifragilité. Tout autre système de blockchain crypto-économique né dans cet espace doit également présenter des qualités antifragiles, sinon il sera éventuellement contraint de succomber aux règles et paradigmes qui maintiennent les systèmes classiques à flot : les lois et réglementations des États-nations (XRP, tousse, tousse). Les choses qui sont antifragiles n’ont pas besoin de lois ou de règlements pour les maintenir à flot ; ils se soutiennent. L’antifragilité est l’indépendance de l’aide et du soutien extérieurs.

Bitcoin est le premier exemple de BPM qui offre une plate-forme monétaire ou financière pour le monde qui correspond à l’état actuel de la technologie et aux besoins des citoyens de la planète Terre. L’or était autrefois un BPM, mais il est lentement devenu obsolète et désuet à mesure que les nouvelles technologies ont modifié son utilité.